Cabinet vétérinaire des Mangettes

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janv. 20, 2017

L’homme peut attraper les mycoses de son chien ou de son chat


Durant le troisième tiers de 2016, nous avons observé une augmentation des cas de mycoses cutanées autant chez les chats que les chiens.

Dans la société actuelle internet est une source d’information que tout le monde utilise. Malheureusement, sans connaissances spécifique, il est parfois difficile de faire le tri entre des informations pertinentes ou totalement fausses. Il est donc important pour nous que vous puissiez vous tourner vers une source d’information fiable en cas de besoin. Pour ce faire nous publions régulièrement des informations actuelles sur notre site.
Durant le troisième tiers de 2016, nous avons observé une augmentation des cas de mycoses cutanées autant chez les chats que les chiens. Il est difficile d’expliquer le phénomène qui en est responsable, mais une partie de ces patients ont effectué un séjour à l’étranger dans les jours avant l’apparition des symptômes. Voici quelques informations qui vont vous permettre de mieux comprendre le comportement de cette maladie.
Cette maladie est une zoonose : elle est transmissible à l’homme.
Les parasites responsables des mycoses (infections dues à des champignons) de la peau sont regroupés sous le terme dermatophytes. Ces champignons utilisent la kératine, une protéine des poils/peau/ongles, comme source de carbone. La maladie associée à ces champignons se nomme dermatophytose. Les dermatophytes les plus fréquents sont listés ci-dessous:
• Microsporum canis
• Trichophyton mentagrophytes
• Microsporum gypseum
• Microsporum persicolor

Facteurs influençant un risque d’infection
Le développement d’une dermatophytose est influencé par une multitude de facteurs.
L’animal
• Le risque est plus élevé chez les jeunes animaux et les animaux immunodéficients
• La transmission d’une chienne ou chatte allaitante à se progéniture est possible
• Tous les chats et chiens peuvent être infectés, toutefois les chats persans semble prédisposés
• Une prédisposition familiale (génétique) est suspectée chez les chats
• Des problèmes de peau d’une autre nature (allergies, ectoparasites, toilettage grossier) peuvent faciliter l’implantation de dermatophytes
• Toute maladie affaiblissant le corps peut favoriser une infection
Environnement
• Un climat chaud et humide favorise la dermatophytose
• Un risque accru de dermatophytose existe dans les élevages et les refuges, ceci est dû à une densité de population plus élevée.
Voyage/Transport
• Un risque accru est observé chez les animaux participants à des expositions ou concours
• Les espèces de dermatophytes sont présentes dans tous les pays, mais la présence de la maladie est plus fréquente dans les pays comptant beaucoup de chiens et chats errants.

 

Symptômes et diagnostic
Les dermatophytes envahissent les poils et la couche cornée de la peau. De ce fait les lésions se caractérisent par une perte de poils par touffes très localisées et la formation de pellicules. Ces zones sans poils se localisent en général au niveau de la tête, des oreilles et des pattes avant. Ces lésions ne démangent que rarement sauf dans le cas où une infection bactérienne secondaire se déclare.
Le diagnostic se fait par les symptômes cliniques et une culture à partir des zones soupçonnées. Si le propriétaire montre lui-même des lésions cutanées suspectes, un traitement devrait être mis en place immédiatement. D’autres tests diagnostiques tels que la lampe à UV ou la microscopie peuvent être utiles mais sont moins fiables.
Récemment les techniques génétiques sont disponibles pour la détection des dermatophytes. Plus rapide que la culture, elles ont le désavantage de ne pas être aussi précises pour la différenciation des différentes espèces.
Un prélèvement de tissu est aussi fiable pour un diagnostic précis, mais plus invasif pour l’animal.
Thérapie
Dans de nombreux cas, le système immunitaire de l’animal suffit pour empêcher la propagation des lésions cutanées jusqu’à guérir. Néanmoins un traitement doit être entrepris pour :
• Réduire la durée de la maladie
• Prévenir la propagation de matériel infectieux dans l’environnement et la transmission à d’autres animaux ainsi qu’à l’être humain.
La maladie se propage par des sortes de grains de pollens microscopiques qui peuvent rester infectieux dans l’environnement pendant plusieurs mois dépendant des conditions, ce qui peut conduire à des récidives une fois les symptômes traités.
Traitement
• La combinaison d’un traitement local pour réduire le risque de transmission et d’un traitement systémique pour combattre l’infection sont nécessaires. La tonte de/des animal(aux) infecté(s) peut s’avérer nécessaire si plusieurs sont contaminés.
• Le traitement doit être effectué jusqu’à ce qu’une guérison soit assurée. Pour ce faire une culture de contrôle doit être effectuée suite au traitement.
• Dans les élevages ou les refuges, jusqu’à 3 cultures sont nécessaires pour écarter le risque de contagion.
• Une vaccination est disponible mais n’empêche ni l’infection, ni le développement de la maladie. Les symptômes cependant sont mieux contrôlés. Ce vaccin peut être recommandé pour des patients prédisposés ou exposés à des risques accrus indépendants des mesures d’hygiène.

 

Prévention
Isoler les animaux infectés.
Il faut éviter l’exposition à un environnement infecté ou un animal infecté. Il est malheureusement difficile de les identifier car certains animaux sont contaminés sans montrer de symptômes. Dans les élevages et refuges il est recommandé de procéder à des mesures de désinfections (voir plus loin) hebdomadaires.
Si un animal a été exposé il faut traiter son pelage avant qu’il puisse retrouver son habitat, et le matériel de transport doit être désinfecté. Lors de l’accueil d’un nouvel animal, spécialement un animal errant ou dont la provenance est inconnue, une culture ou un traitement du pelage devrait être effectués.
Désinfection de l’environnement et des accessoires
• Passer l’aspirateurs au minimum chaque semaine
• Désinfection des accessoires de l’animal (panier, jouets, collier, laisse, brosses)
• Produits efficaces : Javel (agit rapidement et reste active durant 24h), enilconazol si la javel n’est pas adaptée à la surface. La javel est encore fongicide si diluée à 0.04%.
Prévention de l’infection humaine
• Bonne hygiène personnelle
• Minimiser l’exposition des enfants/personnes aux zones/animaux infectés
• Les personnes comme les femmes enceintes, les personnes âgées, les personnes atteintes du SIDA ou en cours de chimiothérapie, les personnes ayant subi une transplantation ou en traitement pour une maladie auto-immune sont plus susceptibles d’être contaminées.

 

Source : www.esccap.ch